# Introduction

## **La comptabilité carbone est un outil structurant de la lutte contre le changement climatique**.&#x20;

<figure><img src="https://1777700960-files.gitbook.io/~/files/v0/b/gitbook-x-prod.appspot.com/o/spaces%2FUYKHaAyfM6QnZOd7rNOg%2Fuploads%2FXKGPPudey7LbyCPfuDZD%2Fpexels-goumbik-590022.jpg?alt=media&#x26;token=c5da8bc2-b604-48c7-8f45-37c30a468e88" alt="" width="563"><figcaption><p>Source : Pexels</p></figcaption></figure>

Son objectif est d’identifier les sources d’émissions de GES afin de pouvoir les réduire. Initialement créé pour guider les organisations et les États dans leur stratégie de réduction d’émissions de GES, son champ d’application s’est depuis étendu pour être transposé à d’autres parties prenantes et notamment aux individus : **on parle ainsi d’empreinte carbone personnelle**.

Cette notion d’empreinte carbone cherche à **évaluer les émissions de GES associées à la consommation d’un individu et donc par extension le niveau de contribution de son mode de vie au changement climatique**. De plus, cette approche “empreinte” par la vision exhaustive qu’elle promeut (en prenant en compte les émissions de GES associées à la fabrication des biens et services consommés sur le territoire national qu’ils soient directement produits sur le territoire ou à l’étranger) a maintenant remplacé l’approche “inventaire” pour évaluer la responsabilité climatique d’un pays et d’un individu. C’est en ce sens que ces dernières années de nombreux calculateurs et outils de sensibilisation ont vu le jour pour permettre à chacun d’estimer son empreinte carbone et/ou en comprendre les caractéristiques ainsi que les moyens de la réduire.&#x20;

En parallèle, de ces calculateurs personnalisés, le SDES publie chaque année l’empreinte carbone française moyenne (i.e. l’empreinte carbone de la France divisée par la population).&#x20;

### **La dernière publication fait état d’une moyenne de** [**9,2 tCO2eq/hab/an**.](https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/lempreinte-carbone-de-la-france-de-1995-2022)

Bien loin de l’objectif des 2 tCO2eq/habitant/an à atteindre d’ici 2050 (aussi appelé simplement objectif “2 tonnes”), **le besoin d’une transition bas carbone à l’échelle des individus est donc aussi une réalité**. Loin de nous la volonté de faire porter la responsabilité de la transition globale aux seuls individus mais au même titre qu’il est important d’outiller les organisations et les Etats pour opérer une réduction de leurs émissions de GES dans le temps, il est également important que les individus puissent **connaître l’impact de leurs modes de vie afin de situer leurs niveaux d’incompatibilité et ainsi les niveaux d’efforts** (individuel comme collectif) à engager pour ramener leurs valeurs d’empreinte à un seuil raisonnable. Bien évidemment et comme cela sera discuté au sein du chapitre dédié à l’action, l’empreinte carbone d’un individu ne résulte pas de choix uniquement individuels. L’influence de l’environnement sociotechnique dans lequel nous vivons est un facteur d’importance. **Il n’en reste pas moins que connaître et comprendre les raisons de cette incompatibilité climatique est un moteur d’action future**.

Mû par une volonté de convergence entre calculateurs, acteurs de la sensibilisation individuelle, experts carbone et institutions, l’objectif de cette première méthode d’estimation de l’empreinte carbone personnelle est **d’éditer des règles et recommandations propres à l’estimation de l’empreinte d’un individu, aux moyens de la réduire ainsi que d’aborder les messages permettant d’appuyer une telle dynamique**. Ce document est la première contribution du groupe de travail Empreinte Carbone Individuelle dont les réflexions se poursuivront en 2024 sur des sujets élargissant la notion d’empreinte individuelle (inégalité carbone, contribution carbone de l’épargne, articulation entre empreinte de consommation et épargne, influence du groupe sur l’empreinte individuelle, etc.) afin de mettre à disposition du débat public des principes et des messages clairs. De plus, de tels travaux se veulent pouvoir servir de futures nouvelles initiatives afin que ces dernières se construisent sur des bases méthodologiques solides.

Ainsi, ce document se divise en deux parties. **Une première partie dédiée aux principes calculatoires propre à l’estimation de l’empreinte carbone**. Le premier chapitre de cette section y aborde les principes généraux. Les chapitres 2 à 6 sont consacrés aux différents postes qui constituent l’empreinte d’un individu tandis que les chapitres 7 à 9 sont eux transversaux.&#x20;

**La deuxième partie du document se consacre aux mécanismes permettant un engagement durable des individus vers l’action**. Quelle sémantique adoptée, quelle trajectoire, quels objectifs, quelle contextualisation de l’action individuelle, ces chapitres cherchent à éditer des principes et fournir des recommandations pour engager et suivre dans le temps la réduction de son empreinte.
